Les changements dans le mode de distribution des produits financiers sont liés à la digitalisation des process

Entretien avec Nicolas SÉRÈS, Directeur général de WiSEED

28 septembre 2018

Pierre papier – WiSEED est une plateforme de crowdfunding dont l’activité dominante est l’immobilier. Que représente-t-elle en termes de collecte ?

Nicolas Sérès – Alors, si on parle du marché global du financement participatif en 2017, le secteur a levé 350 M€ dans l’année. Sur le seul segment immobilier, le chiffre est de 100 M€. A comparer aux SCPI qui, sur la même année, ont collecté 6,3 Md€… Le financement participatif est donc encore dans l’épure du trait comparé aux SCPI.

Pierre papier – Quels sont les grands changements dans le mode de distribution des produits financiers ?

Nicolas Sérès – Il y en a beaucoup, et ils sont entièrement liés à la digitalisation des process. Les clients investisseurs sont déjà tous à l’aise avec l’outil informatique, ils sont capables de faire des achats, de donner des ordres, de faire des transactions, de consulter leurs comptes bancaires… Demain, ils vont souhaiter vouloir investir directement dans les produits comme la pierre papier à partir d’un outil digital, et donc bénéficier d’une expérience client forte, comme on sait le faire aujourd’hui. On voit que le secteur est, de ce point de vue, un petit peu en retard sur la digitalisation de ses propres process. Nous avons, nous, une expérience qui est un peu supérieure parce que l’on est 100% digital depuis l’origine, depuis la mise en place de notre modèle.

Pierre papier – La digitalisation allège les process, j’imagine ?

Nicolas Sérès – Absolument, elle allège les process, elle permet à chacun des opérateurs de se conformer à toutes les exigences réglementaires – qui sont de plus en plus dures -, et elle permet d’avoir une traçabilité et un historique, un archivage de l’ensemble des transactions, de manière ultra sécurisée.

Pierre papier – Est-il difficile, aujourd’hui, de bien placer son argent ?

Nicolas Sérès – Il y a plusieurs options. Il y a l’option « je vais chez mon banquier ». Moi je considère que les offres bancaires aujourd’hui sont médiocres en termes de rendement, en termes d’offres, en termes de valeur et de sens. On peut aussi se tourner vers des gestionnaires de patrimoine. Mais la question qui est : oui mais lequel ? On n’a pas de comparatifs sur les gestionnaires de patrimoine, c’est assez difficile de pouvoir identifier la personne qui correspond à son besoin, à ses propres objectifs. Ça, c’est aussi un sujet, il faut savoir définir quel objectif on se donne en plaçant son argent. Est-ce que l’on cherche du court terme, de l’épargne, de la retraite ? Ce sont des sujets qu’il faut approfondir. Ce qui se développe le plus, c’est une façon d’être autonome, en tout cas dans le placement de son argent, et là, sur internet, il y a pléthore d’offres. Donc, la difficulté c’est de comparer les offres, de s’assurer qu’elles sont bien fiables, qu’elles ont un bon niveau de sécurité. Et force est de constater que les outils de comparaison entre offres font cruellement défaut.

Pierre papier – L’avenir, c’est donc des outils d’information et de comparaison ?

Nicolas Sérès – Absolument, toutes les données vont être disponibles sur internet, et les robo advisors vont permettre à chacun d’avoir des outils décisionnels sur les allocations d’actifs. L’ensemble des produits seront disponible sur le web. Donc demain, ou après-demain en tout cas, l’avenir sera intéressant pour les autonomes.

Pierre papier – Rendez-vous après-demain alors…

Propos recueillis par Hélène Serignac