Les CGP en ont un petit peu assez de ces surcouches de réglementations qui se sont greffées au fil de ces 30 dernières années…

Entretien avec Jean-Pierre ANGÉ gérant associé chez Orbateor Réunion

28 septembre 2018

Pierre papier – Quels sont, selon vous, les principaux changements intervenus dans l’exercice de votre métier ?

Jean-Pierre Angé – J’exerce cette profession depuis 30 ans, et ai pu effectivement observer de nombreux changements, qui étaient sûrement salutaires. Cette profession a démarré dans les années 70, sous l’impulsion de Guy Charloux, gérant et président de l’Union Financière de France. C’est lui qui a amené ce titre de Conseiller en Gestion de Patrimoine, ce qui était tout à fait novateur. Tout le monde -différentes professions liées à l’immobilier, à l’assurance-vie ou à la finance- s’est ensuite « engouffré » dans cette dénomination de CGP qui, à l’époque, n’était pas du tout réglementée. Depuis, notamment avec la création de l’ORIAS, on est plutôt dans une hyper réglementation, à l’inverse de ce que l’on pouvait attendre. Je pense qu’aujourd’hui les CGP en ont un petit peu assez de ces surcouches de réglementations qui se sont greffées au fil de ces 30 dernières années.

Pierre papier – Quelle place donnez-vous aujourd’hui à l’immobilier dans vos recommandations ?

Jean-Pierre Angé – L’immobilier a toujours été, pour les Français, une « pierre angulaire ». Les Français ont toujours investi dans la pierre, depuis des lustres. D’ailleurs, le terme patrimoine veut dire être immobile, dans la définition américaine, et donc la pierre prend toujours une partie prépondérante dans un patrimoine d’un client, en dépit des différents risques que l’on a connu tout au long de ces dernières décennies. Les clients sont rassurés, parce qu’ils sont dans un esprit très conservateur. L’immobilier a plus ou moins bien fonctionné en fonction des lois fiscales votées par les différents gouvernements. Pour moi, évidemment, c’est un petit peu différent parce que je travaille dans les DOM, et que nous avons eu des lois qui ont été toujours très favorables, à la différence de la métropole. Nous en avons aussi subi le contrecoup ces dernières années. Depuis 2012, nous connaissons une importante crise dans l’immobilier qui conduit aujourd’hui à constater plus de vente dans l’ancien que dans le neuf.

Propos recueillis par Hélène Sérignac