Patrimonia met le cap sur la dépendance

patrimoniaCette année l’édition du salon lyonnais dédiée à la gestion de patrimoine sera placée sous le signe des enjeux pour les Professionnels du patrimoine du vieillissement de la population. Une enquête réalisée par le bureau Think tente de cerner les préoccupations, les attentes et les solutions patrimoniales envisagées par les Conseillers en Gestion de Patrimoine et les investisseurs individuels pour faire face à la dépendance.

La convention Patrimonia qui se déroulera les 25 et 26 septembre prochains mettra un accent particulier sur les enjeux pour les Professionnels du Patrimoine du vieillissement de la population.

C’est dans ce cadre que Patrimonia a souhaité avoir un éclairage sur les préoccupations, les attentes et les solutions patrimoniales envisagées par les Conseillers en Gestion de Patrimoine et les investisseurs individuels pour faire face à la dépendance.

L’enquête a été réalisée par l’institut Think du 19 au 27 mai 2014, auprès d’un panel de 243 investisseurs individuels actifs et 198 Conseillers en Gestion de Patrimoine.

Principales conclusions :

  • La dépendance : un sujet qui manque de clarté selon les investisseurs et les professionnels du patrimoine. Les problèmes de dépendance préoccupent 2/3 des investisseurs individuels, dont les 3/4 ont déjà été confrontés aux problèmes liés à la dépendance pour des proches.
  • Plus d’un investisseur individuel sur deux (56%) possède une assurance vie ou des produits d’épargne, 41% une complémentaire santé, et seuls 18% ont déjà un contrat de prévoyance.
  • Les investisseurs individuels semblent aborder les sujets liés à la dépendance avec sérénité (seuls 41% souhaiteraient des conseils). Ils considèrent qu’une préparation financière peut débuter autour de 70 ans et anticipent qu’ils vivront mieux que leurs aïeuls leurs dernières années de vie.
    Cette relative sérénité est à rapprocher de leur profil plutôt aisé. En effet, une majorité déclare avoir la capacité de se financer un hébergement médicalisé ou des services à domicile.
  • Les Professionnels du Patrimoine s’estiment concurrencés essentiellement par les acteurs de l’assurance, l’assurance vie et les mutuelles santé.
  • Des attentes fortes des deux parties vis à vis des pouvoirs publics sur les services des soins à domicile, et un intérêt mitigé sur un potentiel Livret A Argenté.

L’étude fait ressortir que la dépendance est une préoccupation majeure tant pour les investisseurs individuels que pour les clients des CGP. Une grande majorité des investisseurs individuels s’est déjà informée sur les solutions disponibles pour faire face au risque de dépendance, pour autant les deux populations considèrent ne pas avoir une information claire sur les solutions existantes pour palier au risque de dépendance.

  • L’âge de 69 ans est considéré par les investisseurs individuels comme l’âge moyen pour se préparer aux problèmes de dépendance alors que pour les CGP, il se situe autour des 62 ans.
  • 69% des investisseurs individuels interrogés se déclarent préoccupés par la dépendance (63% pour les CGP). Les 3/4 des investisseurs individuels ont déjà été confrontés aux problèmes liés à la dépendance : 1/3 pour leurs parents, 38% pour un membre de leur famille.
  • 58% des investisseurs individuels se sont déjà renseignés auprès de maisons de retraite ou de services à la personne (23%), 21% sur les offres des compagnies d’assurance ou de mutuelles et 19% auprès d’organismes publics. Seuls 8% se sont renseignés auprès d’organismes bancaires et 5% auprès d’un CGP.
  • 51% des investisseurs individuels pensent qu’ils auront les moyens financiers nécessaires pour un hébergement médicalisé et 72% pour une aide à domicile.
  • Seuls 35% des investisseurs individuels et 28% des CGP estiment que les informations disponibles sur les solutions pour pallier à la dépendance sont claires

Par ailleurs, il est à noter qu’il existe un écart entre les principales préoccupations des investisseurs individuels et celles estimées par les CGP pour leurs clients.

  • 69 % des investisseurs individuels interrogés déclarent que leur principale préoccupation est de surveiller leur santé et de se soigner correctement. Alors que seulement 37% des CGP considèrent qu’il s’agit d’un sujet de préoccupation de leurs clients.
  • 81% des CGP sondés estiment que la première préoccupation de leurs clients est de s’assurer un confort financier pour leur retraite (contre 40% des investisseurs sondés).
  • Seul 1/3 des investisseurs individuels et des CGP déclarent la transmission du patrimoine comme une inquiétude.

En termes de solutions patrimoniales, l’étude fait ressortir une différence entre les placements préférés par les investisseurs individuels et les solutions préconisées par les CGP à leurs clients.

  • Les CGP préconisent en priorité à leurs clients des contrats d’assurance vie (79% des sondés), ensuite ils recommandent des actifs immobiliers/SCPI, viagers (42%) et 39% conseillent les investissements dans les maisons de retraites ou EHPAD.
  • Quant aux investisseurs individuels, ils privilégient également les contrats d’assurance (56% des sondés) mais en revanche, ils mettent en deuxième position les produits d’épargne (52%) et en troisième position les complémentaires santé/mutuelles de santé (41%).

Egalement, il est à noter que 52% des investisseurs individuels considèrent ne pas avoir besoin d’être accompagnés pour répondre à leurs questions sur la dépendance.

  • Néanmoins, selon les investisseurs individuels, les compagnies d’assurance ou les mutuelles seraient les plus à même à les aider efficacement (54%), suivi par les CGP (37%) et seuls 21% feraient confiance aux banquiers.
  • Pour les CGP, ce sont effectivement les compagnies d’assurance qui sont considérées comme leurs principaux concurrents (60%), avant les banquiers (33%) et les autres professionnels du patrimoine (7%).

Par ailleurs, seul 1/3 des CGP estiment que les produits proposés par les sociétés de gestion sont adaptés ou rentables.

Le rôle des pouvoirs publics pour accompagner dans les années à venir le bien être des seniors.

77% des investisseurs individuels attendent des pouvoirs publics des mesures pour le développement des services des soins à domicile (65% des CGP), une priorité évoquée avant l’amélioration des structures d’accueil (47%) ou des solutions financières pour financer la dépendance.

  • Les CGP considèrent que l’urgence doit être le développement des services des soins à domicile, mais ils attendent davantage des pouvoirs publics sur les questions de financement de la dépendance que les investisseurs individuels (57% versus 47% pour les investisseurs).
  • 54 % des investisseurs individuels et 50% des CGP seraient intéressés par la création d’un Livret A Argenté.

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