Les gérants de SCPI veulent mobiliser l’épargne vers le logement intermédiaire

L’Association Française des Sociétés de Placements Immobilier (Aspim) publie « 10 idées pour le logement », fruit des réflexions des professionnels de la pierre-papier pour répondre aux besoins résidentiels les plus criants qui se manifestent dans les zones tendues.

Agir sur le coût du foncier et offrir un véhicule d’épargne alliant un moindre rendement à une forte sécurisation des loyers sont les deux grandes pistes privilégiées par les gérants de SCPI et d’OPCI. « Orienter l’épargne intermédiée pour faire du logement intermédiaire », résume Patrick de Lataillade, président de l’ASPIM. L’association professionnelle a commencé sa réflexion en faveur des actifs résidentiels, dont les acteurs institutionnels n’ont eu de cesse de se retirer depuis 20 ans, bien avant l’annonce de la mise en œuvre du nouveau dispositif fiscal en faveur de l’investissement locatif résidentiel créé par Cécile Duflot, ministre du logement. Les travaux ont débuté dans le contexte ouvert par la fin programmée du régime Scellier qui vit sa dernière année, après avoir subi plusieurs coups de rabot sur les avantages fiscaux qu’il ouvrait.

Aujourd’hui, Arnaud Dewachter, délégué général de l’Aspim salue le cran du gouvernement pour avoir osé créer ce dispositif dans un contexte difficile. L’avènement de ce nouveau dispositif fiscal ne remet pas en question l’exploration de voies complémentaires à ce dispositif. Plus encore que de carottes fiscales, les sociétés de gestion de SCPI et d’OPCI appellent à réfléchir à la mise en place de véhicules d’épargne alliant un rendement plus modeste que le permet l’immobilier tertiaire des SCPI classiques à une sécurisation des flux de loyers et de sécurisation des investissements.

Selon ces professionnels, des épargnants seraient désireux d’investir dans le résidentiel intermédiaire pour peu que le couple risque/rendement soit adéquat. Et si la fiscalité peut venir en aide au succès de ces véhicules, une adaptation et des aménagements de celle-ci pendant toute la durée de l’investissement consenti leur semble une voie alternative intéressante à explorer plutôt que l’avantage dispensé lors de l’investissement lui-même.

Les « 10 idées pour le logement » mettent l’accent sur le coût du foncier, particulièrement dans les zones tendues où les besoins de logements intermédiaires se font le plus sentir. Parmi les pistes de réflexion, l’Aspim met en avant les ressources liées au bail emphytéotique qui permet de diminuer de façon très significative le coût de portage du foncier qui peut représenter jusqu’à 50% du coût de la construction. Un usage plus large de la dissociation entre nue-propriété et usufruit dans l’objectif de servir des produits plus adaptés aux besoins des épargnants, voire des institutionnels relève l’Aspim. Les cadres réglementaires existent déjà, mais leur mise en œuvre bute encore sur trop d’obstacles que des aménagements permettraient efficacement de lever. Plus généralement, le livre blanc de l’Aspim envisage une série d’opportunités propres à desserrer les contraintes actuelles parmi lesquelles la révision du cadre de gestion de la politique publique par une déconcentration accrue et une gestion au niveau intercommunal ou de la région, coût des normes, mobilisation des employeurs.

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